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Airs de jeu, spectacle de la Compagnie Au Fil du Vent

« Airs de jeu » : danse de fil

 

Aller voir le spectacle « Airs de jeu » de la Compagnie Au fil du vent… c’est être sous le charme d’un moment de poésie, tant visuelle que musicale et prendre une belle bouffée de bonheur

 

Voilà un spectacle touchant, débordant de sensibilité et de chaleur humaine. Un spectacle qui emporte et transporte dans le monde de l’imaginaire tellement puissant, dans le monde du rêve mais aussi celui du partage des émotions et des sentiments. Un monde de belles valeurs enveloppées de jolies découvertes musicales.

Une bien jolie partition,
un petit bijou de spectacle !

Je me suis offert le plaisir de vivre ce moment deux fois : le 3 juillet 2013, à l’occasion de la Nuit Romane d’Aiffres, et le 24 août 2013, à Soudan, dans le cadre de ces mêmes festivités.

Je suis revenue de cette dernière représentation aussi éblouie que la première fois, avec des sourires, des rires, de la délicatesse, des couleurs, de la chaleur, et une belle lumière dans le cœur.

 

Johanna Gallard et Thierry Bazin excellent dans leurs prestations

Elle, en équilibre sur son fil, qu’elle utilise comme le complice de ses figures parfaitement maîtrisées, tellement maîtrisées qu’elle nous en fait oublier la difficulté, se déplaçant avec grâce, légèreté et…  parfois espièglerie.

Lui, installé à son piano, avec de superbes mélodies servies tantôt par des cascades de notes qu’il déroule sur son clavier, mêlant harmonie et sentiment, tantôt par la chaleur et l’émotion que ses chants nous transmettent, portés par sa voix qu’il fait résonner avec justesse et pureté dans tous les registres qu’elle explore.

Elle arrive sur la scène, tirant un petit chariot empli de boîtes. Elle aime les boîtes, de toutes les formes et de toutes les couleurs. Il en a justement une jolie collection qu’il lui propose de découvrir tout en évoluant en musique sur un fil. Sa curiosité la pousse à accepter l’invitation et à s’approprier l’étrange espace que représente ce fil tendu au-dessus du sol. Un espace qui d’abord l’intimide, puis l’intrigue et enfin lui devient familier tandis qu’elle progresse dans ses découvertes. Échanges incessants entre elle et le musicien : leurs regards, leurs gestes sont complices et la musique autant que la voix du pianiste accompagnent toute l’histoire, tantôt sur un rythme endiablé qui entraîne la funambule dans des évolutions et pas de danse un peu fous et saccadés, tantôt sur une mélodie très douce à l’origine de mouvements plus fluides et de grande ampleur. Les mélodies, « airs » d’un autre temps, sont chantées avec une grâce et une justesse infinies et sont pleines d’émotions qui font vibrer.

Sur fond de jeu entre elle et lui, elle avance dans sa quête d’objets. Dans sa quête de morceaux de rêves, de morceaux de vie. Il lui parle avec ses chants et sa musique, elle lui répond avec ses émotions. Le dialogue fonctionne à merveille.

La mélodie de « 1, 2, 3, soleil ! », qui sort d’une grande boîte « jaune soleil », et sur laquelle s’installe le jeu avec la danseuse-funambule, fait rire les petits comme les grands. Les surprises qui sortent des boîtes, qu’elles soient objets, chants ou envolées de notes de piano, ravissent le public. Les mélodies s’échappent dans les airs à chaque ouverture de boîte et s’arrêtent net dès que le couvercle est reposé. Stupeur, puis rires.

Il y a un bilboquet qu’elle fait se balancer entre ses pas, une corde à sauter et trois gros dés avec lesquels elle  jongle tout en évoluant sur le fil avant qu’ils soient lancés par le pianiste pour déterminer le nombre de fois qu’elle aura à sauter à la corde… toujours en équilibre sur le fil.

Il y a une rose qu’elle effeuille au rythme de « Je t’aime, un peu, beaucoup… ».

Il y a une jolie plume blanche, toute douce, pleine de caresses et de tendresse.

Et puis cette longue baguette, surgie d’on ne sait où, dont s’accapare la danseuse avec beaucoup de malice, car elle lui permet à son tour de mener le jeu, de diriger la musique, donnant le tempo au pianiste et s’amusant à bousculer et faire danser les boîtes sur un rythme endiablé, le même que celui de ses pas et figures dont l’enchaînement s’accélère dans un tourbillon de gestes et de musique forte, de notes qui vont crescendo.

Tout au long de ce spectacle porté par la magie du jeu, il y a la découverte de petits vêtements et accessoires de poupée, épinglés ça et là sur la structure d’évolution. Enfance ? Naissance ? Un petit pull, un pantalon à bretelles, un chapeau, autant d’objets que la danseuse va soigneusement ranger dans une petite boîte, avant de déposer cette dernière dans une plus grande, la seule qui n’ait pas encore été explorée, et de laquelle… mais chut… moment magique… pas le droit de dire…

Au fil du jeu – mais en était-ce vraiment un ? – impossible de ne pas voir le lien qui s’est tissé entre la danseuse et le pianiste car ils ont le même amour de la Vie.

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Magnifiques performances de Johanna Gallard et Thierry Bazin, tenues au fil du vent, au fil du temps, au fil de ce spectacle qui nous fait voyager entre rêve et réalité, suspendus à notre tour… au fil de notre imaginaire.

Bravo à toute l’équipe de la Compagnie Au Fil du Vent !

Site : http://www.aufilduvent.com/
Contact : contact@aufilduvent.com

 

Crédits photos : P. Fabre

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